Nous avions réussi à remplir nos paniers, l’hiver toujours à nos portes, nous attendions avec le plus grand calme que le vent nous transporte.
Dans le mien j’ai mis ; un grand sapin de fête au boule translucide, un baiser sur ta bouche aux lèvres de rosé, un grand lapin blanc, Alice pour le manger, le chemin qui serpente loin dans la forêt, ta robe que j’aperçois quand tu disparais, les cris que je t’envoie, le vent qui me répond. Mon ventre qui se sert à tes yeux déjà loin.
Puis vient la nuit, si les étoiles s’efforcent à faire un pont entre nous, elles ne sont que le miroir dans lequel, nous tentons de retrouver ce reflet qui hante notre mémoire.
Un vieil homme un jour m’a dit ; la musique meurt avec nous, il faut en profiter maintenant et toujours jusqu’au dernier jour, car après, le silence nous envahit. Je me suis toujours demandé comment il pouvait bien le savoir puisqu’il était encore vivant. Comment d’ailleurs pouvons-nous être sur de ce que raconte bible et coran. Cet homme disait « La mort est le silence », les autres nous affirment qu’elle est perpétuellement sons de harpes et cantiques. Avons-nous le choix ? Si oui je désire pouvoir choisir ma radio et, tant qu’à être de toute éternité accompagné d’un orchestre, j’aimerai leur proposer ma propre musique. J’aurai le temps d’apprendre à composer.
Je crois que ce vieillard avait raison. Il y aura du silence, beaucoup de silence dans la nuit profonde. Le sommeil se fera sans aucun succès de réveil. Mozart, Chopin, Ravel, il est plus que temps d’avoir de l’intérêt, pour vos œuvres.
Dans mon panier j’ai ajouté la neuvième symphonie, le boléro et le concerto en ré majeur pour violon de Monsieur Tchaïkovski avec tout un orchestre. J’espère que la route sera longue, très longue.








